se le dire enfin agnes ledigQuelques heures de ma petite vie ont vu défiler les romans de cette auteure. Que dire ! Toujours des histoires poignantes de personnages blessés par la vie, qui se cherchent, se trouvent, se découvrent, même bien souvent.

Sa plume est magnifique, mélancolique, poétique. Quand on a le temps de s’y perdre, les paysages prennent allure de film, tant les descriptions sont abouties, sans pour autant être contraignant. J’oserais dire que ce n’est pas pour avoir du volume qu’elle décrit cela si bien, mais pour entrainer le lecteur sur les mêmes chemins que ses héros.

Toujours quelques passages un peu « crus », j’imagine que c’est son style. Ce qui en fait un livre pour « adultes », je trouve cela dommage.

Je lui donne un 8/10.

 

Extrait qui m’a fasciné :

[…] La joie, la peur, les balades à venir, les accidents sur le carrelage, la mort de Nimbus, le chagrin, les câlins, les poils partout, les yeux doux, la boue sur les pattes, les soirs au coin du feu. Il sortit la petite chienne de la caisse […] Dans un coin de son ventre, une boule lui labourait les tripes comme celle d’un flipper. Cette boule était de poils, nouvelle à la vie, innocente, insouciante et porteuse d’aucun autre projet que celui de s’attacher à qui voudrait bien l’aimer […] Raymond accueillit l’idée d’être l’objet de cet amour inconditionnel […] Cela participait à son entrain à sortir de son lit le matin. Sans toutefois ignorer la cruauté finale de ce nouvel apprivoisement […] Pourquoi faut-il toujours réfléchir au drame hypothétique quand sur l’instant ne se pose que la question de la joie ?

 

4ème de couverture : De retour de vacances, sur le parvis d’une gare, Édouard laisse derrière lui sa femme et sa valise. Un départ sans préméditation. Une vieille romancière anglaise en est le déclic, la forêt de Brocéliande le refuge.
Là, dans une chambre d’hôtes environnée d’arbres centenaires, encore hagard de son geste insensé, il va rencontrer Gaëlle la douce, son fils Gauvain, enfermé dans le silence d’un terrible secret, Raymond et ses mots anciens, Adèle, jeune femme aussi mystérieuse qu’une légende. Et Platon, un chat philosophe.
Qui sont ces êtres curieux et attachants ? Et lui, qui est-il vraiment ? S'il cherche dans cette nature puissante les raisons de son départ, il va surtout y retrouver sa raison d’être.